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L'exil immobile

"Parole di seta"

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Gina Labriola

L'exil immobile

Prefazione e traduzione di

Philippe Guérin

"Tout semble commencer par la faute d'une domestique gaffeuse, par un péché originel contre les rites ancestraux: l'eau lustrale du premier bain, au lieu de finir dans le foyer de l'âtre pour annoncer une fille, fut répandue sur le seuil de la maison familiale, comme si le nouveau-né était un garçon.

Or on sait que les filles quoique écrivant toutes des vers, ne sont jamais poètes, et que la laideur des "poétesses", pour d'évidentes raisons esthétiques, leur interdit de s'afficher: demandez plutôt à Isabella Morra ce qu'il en est.

Il fallut donc composer avec ce principe d'incertitude..........tout d'abord l'ironie, une ironie confinant au sarcasme, à la fois défensive et offensive, car ce qu'il fallait préserver était précisément le droit de s'aventurer en conquérant sur les terres d'autrui. Outil sexué d'une réthorique masculine, la hache de l'ironie, avant de servir à couper la racine de la douleur, était l'artifice donnant accès aux contrées interdites et pour cela même coinvoitées : dans l'esquive de la feinte, de l'auto-negation ironique, se profilaient en germe l'autre e l'ailleurs, qui permettraient de gravir la pente oblique de l'ypotenuse, et de remplir un cadre vide dans la galeries de portraits, à côté des ancêtres..............................."

 

Poesie scelte

Traduzione di Philippe Guérin

 

L’anima intercambiabile


Tu non fare come l’altro,
il vecchio dio persiano
che dimenticò di farmi un’anima.


Soffiamene in bocca
una che sappia di whisky
e di buon tabacco,
che gonfi bene
il mio corpo di gomma.


Ti prego solo
che non sia immortale
e che non conosca il logos,
nè il pathos !
Che possa sperderla nell’aria
quando apri la valvola
per sgonfiarmi,
e ripiegarmi
braccia e gambe
per chiudermi
nella mia scatola di cartone.


Non un’anima
fastidiosamente eterna :
ogni giorno un’anima nuova,
come una treccia di seta
appuntata con gli spilli,
sempre diversa
come le iridi a vite
di colore variabile
intercambiabile
a seconda dell’umore.

 

L’Âme interchangeable

Ne fais, toi, comme l’autre,
le séculaire dieu de la Perse,
qui a oublié de me faire une âme.

Souffle-m’en une par la bouche,
une qui sente le whisky
et le bon tabac
qui puisse dilater
mon corps en caoutchouc.

Une seule prière :
qu’elle ne soit pas immortelle,
qu’elle ne connaisse ni le logos,
ni le pathos
que je puisse la répandre dans l’air
quand tu ouvres la valve
pour me dégonfler
et puis replier
mes bras et mes jambes
pour m’enfermer
dans ma boite en carton.

Pas une de ces âmes
fastidieusement éternelles :
chaque jour une âme nouvelle,
comme une tresse en soie
retenue avec des épingles
sans cesse différente
comme iris dévissables
à la couleur variable
interchangeable
au gré de ton humeur.

 

Da " Alveare di specchi "

 

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Bretagna

(a Miquette)

 

Volevo bene anche alla nebbia :
fasciava il dolore
attutiva il grido
ovattava la vergogna.


Non lo sapevo
che la nebbia
era mia madre.

 

 

Bretagne

(à Miquette)

J’avais de l’affection pour le brouillard aussi :
il pensait la douleur
il étouffait les cris,
d’ouate il enveloppait la honte.

Je ne le savais pas :
j’avais une mère,
et c’était le brouillard.

 

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(à Mauro Iannotti, traduttore)

Che non sappia non è vero, il vento,
nè leggere nè scrivere,
solo che coniuga al passato.

Voci,
traduce.

Il vento
è l’esperanto
dei trapassati.

 

 

(à Mauro Iannotti, traducteur)

Il n’est pas vrai qu’il ne sache, le vent,
pas plus lire qu’écrire
mais il ne sait conjuguer qu’au passé.

Il traduit
des voix.

Le vent
est l’espéranto
des trépassés.

Da " Poesie sur soie "

 

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Epigrammi a Chiaromonte

 

Silenzio
punteggiato di stelle
e di grilli
al mio paese
appuntati come spilli
sul cuore della notte.

 

*

 

La strada del mio paese
era a forma di serpente:
la bocca si apriva in piazza;
la lingua, rossa,
finiva nel portale della chiesa.
Vi camminavano sui tacchi le beghine,
portando appuntate sulla crocchia
tutte le cattiverie sulla gente.

 

Epigrammes à Chiaromonte

Silence moucheté d’étoiles
et de grillons
dans mon village,
piqués comme des épingles
sur le coeur de la nuit.

 

*

 

La rue de mon village
avait la forme d’un serpent :
sa gueule s’ouvrait sur la place
sa langue, rouge,
finissait dans le portail de l’église.
Marchant sur les talons y passaient les bigotes
qui portaient piquées
comme épingles dans leur chignon
toutes leurs médisances sur autrui.

Da " Istanti d’amore ibernato "

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Tantalo

 

Non approdare
all’inferno dei desideri esauditi
ove pesci putridi non guizzano
e alghe brune asciugano
in cernecchi ritinti.

Non inquinare
la spiaggia sconosciuta
incorniciata di palme
con carte
unte di ricordi
e barattoli inutili
gusci di voglie consunte
che battono ritmi di noia
nella risacca.

Approda alla felicità di Tantalo :
tendi la mano
ai frutti smaglianti
come bocche di porfido,
all’acqua limpida
come l’impossibile.

 

 

Tantale

 

Garde-toi d’atteindre
à l’enfer des appétits exaucés
où des poissons putrides point ne frétillent
et des algues brunes sèchent
comme touffes de cheveux teints.

Garde-toi de souiller
cette plage encore inconnue
couronnée de palmiers
avec des papiers
gras de souvenirs
avec des boîtes de conserve,
coquilles vides d’envies consumées
qui battent des mesures splénétiques
au rythme du ressac.

Tu dois atteindre au bonheur de Tantale
et tendre la main
vers ces fruits éclatants
comme des bouches de porphyre,
vers cette eau limpide
comme l’inaccessible.

 

Da " Alveare di specchi "

 

 

Il lavoro di Philippe Guérin è stato argomento di uno "stage di ricerca sulla traduzione, e sulla poesia di Gina Labriola" all’Università di Haute Bretagne, a Rennes, nel 1995

 

 

L'exil immobile (introduzione e traduzione di Philippe Guérin)
in collaborazione con l'Università di Rennes,
Edizioni La Folle Avoine, Bedée-Bretagna

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